Pucerons

Les pucerons, une grande famille d'insectes ravageurs ...

Un puceron, qu'est-ce que c'est ?

Les aphidés, plus communément appelés pucerons, sont une vaste famille qui regroupe plus de 4000 espèces dans le monde, dont 250 sont des ravageurs de cultures. Leurs principales caractéristiques sont : un corps mou et de petite taille (généralement de 2 à 4 mm), la présence d'un rostre (appareil buccale ressemblant à une seringue) qui lui permet de prélever sa nourriture, et enfin, une paire de cornicules disposée à l'extrémité de l'abdomen.

Mais suivant les espèces, les pucerons peuvent présenter des aspects bien différents : certains sont capables de produire différentes substances cireuses qui leur donnent un aspect laineux ou farineux. C'est le cas du puceron cendré du chou ou du puceron lanigère du pommier. Les couleurs qu'ils arborent sont variées, et peuvent parfois être vives, c'est le cas du puceron jaune du laurier rose, et du puceron rose du rosier.

Aphis nerii sur lauriers roses
Le puceron jaune du laurier rose (Aphis nerii) se distingue par sa couleur jaune vive.
Sur cette photo, on peut voir le rostre du puceron qui lui permet de prélever la sève des plantes
Sur cette photo, on peut voir le rostre du puceron qui lui permet de prélever la sève des plantes

Un peu de biologie ...

Le puceron est un insecte piqueur-suceur. Pour se nourrir, il ponctionne les tissus des végétaux pour en prélever la sève. Tous les organes sont touchés : les feuilles, les tiges, les fleurs, les fruits et même les racines ! Une fois la sève prélevée, celle-ci va être digérée, mais là, le puceron rencontre un problème ... La sève est en effet très riche en sucre et plutôt pauvre en protéine, or ce sont les protéines qui intéressent notre puceron ! Il va donc prélever d'importantes quantité de sève et rejeter le sucre à l'extérieur de son corps. Ce liquide qui suinte à l'extrémité de son abdomen est appelé miellat. Il est très prisé des fourmis, des guêpes et des abeilles.

Le cycle de reproduction du puceron est assez complexe, mais il peut être résumé en 4 grandes phases :

  1. L'éclosion des œufs à la sortie de l'hiver : le puceron passe l'hiver sous forme d’œufs, qui sont généralement pondus dans les écailles des bourgeons. Dès que les températures sont plus clémentes, les bourgeons commencent à s'ouvrir et les œufs à éclore. Il en sort des femelles pucerons uniquement, celle-ci sont appelées les fondatrices.
  2. La multiplication au printemps : les fondatrices se reproduisent par parthénogenèse vivipare, c'est à dire qu'elles donnent directement naissance à de jeunes pucerons qui sont identiques à leur mère (nous pouvons comparer cela au clonage). Il n'y a pas besoin de mâle pour ce mode de reproduction. Les premières colonies commencent à apparaître et les jeunes pucerons grandissent rapidement et commencent eux aussi à se reproduire de la même manière que leur mère. La croissance de la colonie est alors exponentielle !
  3. La dissémination : un puceron n'est pas du tout adapté à la marche et se retrouve donc incapable de parcourir de grandes distances. Lorsque la plante se retrouve entièrement colonisée ou bien lorsque l'habitat devient défavorable (présence de prédateurs, sécheresse...), les pucerons se parent d'ailes qui vont leur permettre de coloniser d'autres plantes, et ceci parfois à des milliers de kilomètres !
  4. La reproduction sexuée à l'automne et la ponte des œufs : dans nos régions ou les hivers sont parfois rigoureux, les pucerons ne peuvent pas survivre sous leur forme adulte. A l'automne ou à la fin de l'été, les femelles commencent à donner naissance à des mâles. Ceux-ci vont s'accoupler avec les femelles qui commenceront alors à pondre des œufs. Disposés dans les écailles des bourgeons, ces œufs patienteront tout l'hiver jusqu'au retour du printemps où un nouveau cycle recommencera.

Les dégâts provoqués par les pucerons

Si les coccinelles ou les autres insectes auxiliaires sont absents, une petite colonie de pucerons peut rapidement envahir toute la plante ! Les attaques de pucerons sont problématiques pour 4 raisons :

  • En piquant la plante pour se nourrir de sève, ils l'affaiblissent considérablement. En effet, ils provoquent un ralentissement de sa croissance, une chute des feuilles, des décolorations et une baisse de la production de fruits et légumes.
  • Pour se nourrir, les pucerons injectent une salive toxique dans les tissus de la plante, ce qui a pour conséquence de déformer les feuilles, les tiges, les fleurs et les fruits.
  • Comme vu précédemment, les pucerons rejettent un excédent de sucre appelé miellat. Celui-ci est très poisseux et collant et va rester sur les feuilles, favorisant le développement d'un champignon : la fumagine. Celle-ci forme un feutrage noire sur les feuilles et les tiges qui ne peuvent plus fonctionner normalement.
  • Un dernier point peu connu est la capacité des pucerons à transmettre des virus aux plantes infestées. On peut citer par exemple le virus de la mosaïque du concombre ou la sharka sur les pommiers et de nombreux autres prunus.
Le puceron du rosier Macrosiphum rosae
Cette pullulation de puceron vert du rosier réduira considérablement la floraison

La lutte biologique contre les pucerons

Avant toute chose, il est bon de rappeler que les pucerons sont à la base de l'alimentation de toute une cohorte d'insectes. Vouloir les éradiquer complètement serait néfaste pour la biodiversité du jardin et contre productif. En effet, les insectes bénéfiques, comme les coccinelles, disparaîtraient avec eux...  Mais dans certains cas, les cultures fruitières, potagères ou ornementales peuvent subir de lourds dégâts à cause d'une pullulation des pucerons. Il convient alors de réguler leur population, et de l'abaisser à un seuil acceptable qui ne compromettra pas les récoltes. Pour cela, il existe plusieurs solutions :

Des traitements naturels et bio contre les pucerons

Traitement d'hiver anti-pucerons et cochenilles

Ce traitement à base d'huile de colza élimine les œufs de pucerons passant l'hiver sous les écorces et dans les bourgeons des arbres et des arbustes.
Traitement naturel à base d'huile de colza Naturen® contre les pucerons

Insecticide biologique végétal polyvalent

Cet insecticide biologique à base d'huile de colza va recouvrir les pucerons et les tuer par asphyxie.
Savon noir concentré Solabiol® pour nettoyer le miellat de pucerons.

Savon noir concentré

Le savon noir est idéal pour assainir les plantes recouvertes de miellat de pucerons.

Des lâchers d'auxiliaires de lutte biologique

Un autre moyen de lutte contre les pucerons qui est beaucoup plus efficace que les traitements, si les conditions sont respectées, est l'utilisation d'agents de lutte biologique ! Le plus emblématique de ces auxiliaires, et le plus connu, est de loin la larve de coccinelle. Il est important de savoir que les pucerons émettent des composés toxiques, qui varient d'une espèce à une autre. Ces composés présents dans leurs corps les rendent toxiques et dissuadent d'éventuels prédateurs de les attaquer. Suivant les espèces de coccinelles, elles peuvent détoxifier ces pucerons afin de les consommer sans risquer de nourrir. C'est pour cela que chaque espèce de coccinelle est spécialisée dans un type de pucerons. On peut citer quelques exemples :

  • Le puceron noir de la fève n'est pas consommé par la coccinelle à 2 points alors qu'il est très apprécié de la coccinelle à 7 points.
  • Le puceron jaune du laurier rose est mortel pour les coccinelles à 2 et 7 points alors qu'il est consommé par la coccinelle à 11 points.

Chez Insectosphère, nous élevons nous même nos coccinelles, dans le département de l'Ain. Nous produisons uniquement des espèces françaises, et chacune est spécialisée dans la chasse d'un type de puceron :

La coccinelle à 2 points, Adalia bipunctata, la spécialiste des pucerons des arbres.

La coccinelle à 2 points, Adalia bipunctata, est redoutable contre les pucerons noirs du cerisier et les pucerons du pommier.

Pour lutter contre :

  • Les pucerons des arbres fruitiers : le puceron noir du cerisier, le puceron vert du pommier, le puceron vert du pêcher...
  • Les pucerons des arbres ornementaux : les pucerons du tilleul, les pucerons de l'érable...
  • Les pucerons des arbustes : les pucerons du rosier

La coccinelle à 7 points, Coccinella septempunctata, redoutable au potager et sur les rosiers.

Lutter contre les pucerons du potager avec la coccinelle à 7 points, Coccinella septempunctata.

Pour lutter contre :

  • Les pucerons des plantes potagères tels que : le puceron noir de la fève, les pucerons du haricot, les pucerons des courgettes, les pucerons du chou, les pucerons de la pomme de terre...
  • Les pucerons verts et roses du rosier.

La coccinelle à 11 points, Hippodamia undecimnotata

La coccinelle à 11 points permet de lutter contre le puceron jaune du laurier rose : Aphis nerii
La coccinelle à 11 points permet de lutter contre le puceron jaune du laurier rose : Aphis nerii

Pour lutter contre :

  • Le puceron jaune du laurier rose.
  • Les pucerons des plantes potagères.
  • Les pucerons du rosier.

La coccinelle à virgules, Exochomus quadripustulatus

Installer précocement, la coccinelle à virgules est efficace pour lutter contre le puceron lanigère du pommier.
Installer précocement, la coccinelle à virgules est efficace pour lutter contre le puceron lanigère du pommier.

Pour lutter contre :

  • Le puceron lanigère du pommier.
  • Les cochenilles pulvinaires des arbres et arbustes, telles que : la cochenille pulvinaire du marronnier, la cochenille pulvinaire de l'hortensia, la cochenille floconneuse...

Chez InsectÖsphère, nous vous proposons des œufs, des larves ou des coccinelles adultes. Avant d'acheter des coccinelles, nous vous conseillons de lire notre guide d'achat de coccinelles.

La création d'habitats et refuges pour les insectes auxiliaires au jardin

Les abris pour l'hiver

Les coccinelles de nos régions traversent la mauvaise saison au stade adulte. Suivant les espèces, elles passent l'hiver seules, ou bien en groupe de quelques individus à plusieurs centaines. Elles choisissent généralement des endroits secs, bien exposés et à l'abris des vents dominants et des intempéries.

Les sites d'hivernation se situent le plus souvent à proximité du lieu ou elles sont nées, mais certaines espèces, telles que la coccinelle à 11 points , effectuent de véritables migrations de plusieurs centaines de kilomètres, pour se regrouper dans des fissures de parois rocheuses en altitude. Pour la coccinelle à 2 points, à 7 points et à virgules , les sites choisis sont généralement de petites cavités dans les arbres , des nichoirs à oiseaux contenant le nid de la saison précédente, sous l'écorces des arbres morts , dans une litière de feuilles mortes , dans des murets en pierres sèches et dans des arbustes au feuillage persistant et compact .

Le lierre et un mur de pierres sèches constituent un refuge idéal pour les prédateurs des pucerons, tels que les coccinelles.
Le lierre et un mur de pierres sèches constituent un refuge idéal pour les prédateurs des pucerons, tels que les coccinelles.

Pour maintenir d'une année à l'autre vos coccinelles et autres auxiliaires au jardin, il est important de leur mettre ces sites d'hivernation à disposition. Installez les le plus près possible des plantes sensibles aux attaques précoces de pucerons (par exemple à proximité d'orties, de pommiers, de rosiers, de pois, ou de fèves...). En effet, lors de leur réveil printanier, les coccinelles sont affamées et affaiblies par des mois de jeun. Elles se jetteront sur les premiers pucerons du jardin !

Il n'existe pas de bons abris à coccinelles dans le commerce, le mieux est d'en créer un vous même (un amas de pierre, de la litière de feuilles mortes ou d'herbes sèches abritées suffisent amplement). Pour les chrysopes qui sont également d'excellents auxiliaires de lutte biologique contre les pucerons, vous pouvez installer un abri à chrysopes .

L'ortie est une plante très appréciée des pucerons et donc des coccinelles.
L'ortie est une plante très appréciée des pucerons et donc des coccinelles.

Un habitat varié pour nourrir les auxiliaires

Les coccinelles et de nombreux autres prédateurs de pucerons, ont besoin de se nourrir du printemps à l'automne. Pour cela, il faut qu'ils aient du puceron à disposition durant toute la belle saison. Avoir une grande diversité d'arbres, d'arbustes et de plantes à fleurs au jardin, offre une source de nourriture variée et étalée dans le temps. Quelques plantes sont à privilégier : les tilleuls, les chênes, les sureaux, le fusain, la spirée de printemps, les moutardes, l'ortie... La liste est longue, mais privilégier toujours les plantes de nos régions !

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