Limaces

Les gastéropodes, principaux ennemis de vos plantations

Les gastéropodes ou gastropodes sont des mollusques aquatiques ou terrestres. Toutes les espèces possèdent ce que l'on appelle un "pied ventral" ce qui leur a conférer leur nom.

Au jardin potager, les gastéropodes terrestres sont les plus rencontrés bien que certaines espèces aquatiques à l'instar des limnées peuvent présenter un danger pour certaines cultures comme le cresson et pour la santé humaine via la transmission de parasites à l'instar de la grande douve du foie. Cette problématique étant mineure, on se focalisera ici sur les principaux mollusques ravageurs des plantes à savoir les escargots et les limaces.

Escargots petits gris

Les escargots

En France, il existe environ 400 espèces d'escargots qui sont bien souvent détritivores et contribuent ainsi au recyclage de la matière organique. D'autres sont phytophages à l'instar de l'escargot petit gris (Helix aspersa) et de l'escargot des jardins (Cepaea hortensis).

Ces mollusques sont hermaphrodites et relativement  résistant à la secheresse du fait de leur coquille. Ils peuvent vivre plusieurs années, mais ne provoquent généralement que peu de dégâts à l'exception de la morguette (Theba pisana).

Cepaea hortensis

Les limaces et loches, terribles ennemis des semis

Les limaces, également appelées loches ont un cycle de vie plus rapide que les escargots et c'est ce qui les rend beaucoup plus problématique au potager. Les plus grandes peuvent consommer en une nuit jusqu'à la moitié de leur poids. Tout comme les escargots, elles sont hermaphrodites mais elles  sont plus prolifiques. Certaines espèces peuvent pondre dans le sol jusqu'à 500 œufs au cours d'une année. Ceux ci résistent plutôt bien aux basses températures de la période hivernale. Ils éclosent au début de printemps et les jeunes loches s'attaquent alors à la matière organique en décomposition ou aux jeunes pousses tendres. A cette période cela est très problématique puisque cela coincide avec les premiers semis et repiquages au jardin potager et les pertes de plants peuvent être très importantes. Les limaces sont très sensibles aux variations d'hygrométrie. En l'espace de quelques heures, la dessication du milieu peut leur être fatale. Afin de se prémunir de tels phénomènes, elles ont adopté un mode de vie principalement nocturne. Elles ne sortent la journée que par temps frais et humide. En revanche, lorsque les conditions environnementales ne sont pas favorables elles s'enterrent dans le sol. C'est généralement  comme cela qu'elles résistent aux canicules estivales.

Les limaces décomposent la matière organique

Les principales espèces de limaces et loches au jardin potager

Au jardin, les limaces sont connues et reconnues par petits et grands. Il n'est pas rare d'y rencontrer les espèces suivantes :

  • La limace rouge (Arion rufus)  peut mesurer plus d'une dizaine de centimètres au stade adulte. Cette grande loche n'est généralement que très peu dommageable, mais sa présence en grand nombre peut s'accompagner de dégats au potager. Elle prend des teintes ocres, cuivrées, marron ou noires. 
  • La loche noire (Arion ater) peut facilement être confondue avec la forme noire de la limace rouge. Elles se ressemblent en de nombreux points et la différenciation de ces deux espèces se fait en comparant leur appareil reproducteur. La loche noire est moins répandue dans les jardins que sa cousine rouge. On la retrouvera essentiellement en zones montagneuses.
  • La loche horticole ou limace des jardins (Arion hortensis) est plus menue, elle ne mesure pas plus de 4 centimètres de long. Elle se caractérise par une teinte sombre qui s'éclaircit en rejoignant la base du corps. C'est une espèce très polyphage qui peut faire de lourds dommages. Elle s'attaque à de nombreuses espèces végétales. La loche horticole peut sectionner la tête des plantules ou le pédoncules des fleurs, dévorer le limbe des feuilles ou excaver les têtes de choux et tubercules. Du fait de ces dégâts, elle peut induire indirectement le développement de certaines maladies cryptogamiques.  Elle pond plus de 200 œufs par an. Elle ne parcourt pas plus de 3 mètres par nuit en surface mais elle s'enterre assez profondément dans le sol. La limace des jardins peut vivre jusqu'à un an et demi sous les climats doux. A noter que cette espèce peut être confondue avec la loche glandue (Arion distinctus). 
  • La loche ou loche grise (Deroceras reticulatum) est l'espèce la plus problématique. Elle est de couleur gris beige et peut mesurer jusqu'à 4 cm de long au stade adulte. Les juvéniles mesurent 0.5 cm et sont de couleur rosâtre ou légèrement violacé. C'est une espèce qui vit principalement à la surface du sol et qui arpente de grandes distances : jusqu'à 7 m en une nuit. Elle provoque des dommages similaires à ceux occasionnés par la limace des jardins. Elle est en revanche plus prolifique puisqu'elle pond jusqu'à 400 œufs et qu'il y a deux générations par an. Attention à vos semis !
Une limace rouge dévorant un champignon
La limace rouge, bien qu'imposante, n'est que peu dommageable
Arion ater, la limace géante noire
La limace noire est moins rencontrée et provoque peu de dégats
Une limace horticole Arion hortensis
La limace horticole est très polyphage et consomme feuillage et tubercules
Une loche grise
Les loches grises sont les plus mobiles et les plus dommageables

Rôles des limaces, loches et escargots

Les loches sont certes des ravageurs d'importance au potager mais cela ne doit en rien occulter le role positif de ces organismes pour l'environnement. En effet, cela a été dit précédemment, les limaces permette un recyclage rapide de la matière organique en décomposition. De plus, elles stimulent la vie du sol grace à leur mucus qui constitue une source d'eau et de nutriments pour les microorganismes telluriques. Elles sont également chassées par de nombreuses espèces et ont un rôle essentiel dans la chaine alimentaire. Enfin, en s'enterrant dans le sol, elles en améliorent la structure favorisant ainsi la circulation de l'air, l'infiltration des eaux pluviales ou encore la création d'agrégats.

De ce fait il convient donc de contrôler les populations de limaces afin de gérer au mieux les déséquilibres plutôt que de chercher à les éradiquer totalement. Pour cela nous vous proposons différentes solutions naturelles et écologiques.

Nos traitements anti limaces biologiques

Pour lutter contre les limaces au jardin et au potager nous avons sélectionné pour vous 2 traitements biologiques et naturels :

  • L'Anti-limace biologique à base de phosphate ferrique, sans danger pour l'homme, les animaux et l'environnement. A termes, i se dégrade en phosphate et en fer deux éléments indispensables au développement de vos plantes
  • Les Nématodes Ph anti-limaces qui sont spécifiques des mollusques. Ils éliminent les stades telluriques des loches.

Pour une efficacité optimale, nous vous conseillons de combiner ces deux traitements. Vous pouvez également les combiner avec des solutions alternatives complémentaires.

Les solutions complémentaires aux traitements anti-limaces

La prophylaxie : evitez l'apparition des limaces

Pour limiter l'impact des limaces et escargots dans votre jardin potager, il convient de mettre en place plusieurs mesures préventives afin d'y limiter les proliférations de gastéropodes.

  • Avant toute chose, évitez d'installer le potager a proximité d'une zone humide ou d'un composteur. La forte hygrométrie et la présence de matière organique en décomposition favorise l'activité des loches.
  • Si possible, travaillez le sol en début d'hiver de manière à remettre en surface les gastéropodes adultes et leurs œufs, le gel en éliminera une partie.
  • Limitez la présence de mottes et de cailloux au sol de manière à réduire les caches potentielles pour les loches lors des périodes de semis.
  • Ne paillez pas avant l'arrivée des premières chaleurs. En effet, le paillage constitue un abris important pour les limace et une source de nourriture très importante.
  • En présence de jeunes plantules arrosez le moins souvent possible et de préférence le matin afin de limiter l'humidité nocturne.
  • Si vous possédez des poules ou des canards, n'hésitez pas à les lâcher dans le potager lorsqu'il n'y a plus de cultures, ces volailles mangent généralement les petits gastéropodes ainsi que leurs œufs.

Les stratégies d'attraction / répulsion des limaces

Hosta attaqué par des limaces

Attraction des limaces

Il s'agit ici d'attirer les loches dans une zone afin de les détourner des espaces à protéger et si possible d'y fixer les populations. Cela peut prendre différentes formes :

  • Installation de pièges à limaces couplé à l'utilisation d'attractif, de bière.
  • Installation d'appâts alimentaire comme du son ou de matière organique fraiche dans des zones éloignées du potager.
  • Semis de plantes attractives à l'instar des hostas ou de la moutarde. Ces plantes pourront être sacrifiées aux gastéropodes ou bien des traitements à base de phosphate ferrique ou de nématodes anti limaces pourront y être effectués.

Répulsion des limaces

Dans ce cas il s'agit de repousser les limaces des zones sensibles. Pour ce faire, vous pouvez :

  • Semez de la bourrache, il apparait que les limaces attaquent peu les végétaux situés à proximité de cette plante.
  • Réalisez une macération de feuilles de rhubarbe ou du purin de fougère et pulvérisez la solution obtenu au sol dans la zone à protéger. L'odeur fera fuir les gastéropodes.
  • Certains préconisent de réaliser un purin de limaces en laissant macérer des cadavres de loches dans de l'eau pendant 10 jours mais nous vous déconseillons cette solution particulièrement nauséabonde et peu hygiénique.

La lutte physique contre les limaces

Gros blanc de Bourgogne

La lutte physique consiste à ramasser les escargots et les limaces à la main ou bien à les éliminer à l'aide d'un couteau ou d'une pique. Pour ce faire il est recommandé de placer des planches de bois au sol. La capture en sera d'autant facilitée.

Attention toutefois à ne pas éliminer les escargots de Bourgogne (Helix pomatia) qui sont protégés en France ou bien également la limace léopard (Limax maximus) qui se nourrie régulièrement de loches phytophages. En leur présence, évitez l'application de nématodes anti limaces ou de phosphate ferrique.

Limace tachetée aussi appelée grande loche cendrée

Favorisez la présence d'auxiliaires anti limaces au jardin potager

De nombreux organismes auxiliaires s'attaquent aux limaces et escargots dans les jardins. La liste et longue. Parmi ceux ci on peut citer de nombreux mammifères comme les musaraignes, les taupes ou les hérissons, des reptiles tel que l'orvet, des oiseaux aussi bien sauvages comme la grive, le rouge gorge, ou bien domestiques à l'instar des poules ou des canards. Il en est de même pour des amphibiens à l'exemple de nombreuses espèces de crapauds, grenouilles ou salamandres. Enfin, de nombreux insectes auxiliaires à l'image des carabes, des lampyres (vers luisants), des drilles s'attaquent à ces mollusques.

Un carabe doré
Un hérisson
L'orvet se nourrie entre autres de loches
Une grive musicienne dans un gazon
Une musaraigne à la recherche de limace

Afin de minimiser l'impact des populations de gastéropodes, il convient de mettre en place des solutions de préservation de la biodiversité en semant des mélanges fleuris, en installant des nichoirs à oiseaux, des abris à hérissons, en créant une mare, en laissant des zones non tondues  ou accueillant des plantes banques ...

Contre les limaces évitez les produits gadgets et les astuces de grands-mères inefficaces

Certaines solutions comme des barrières physiques ont le vent en poupe. Leur efficacité est souvent partielle à l'instar de l'utilisation de cendres. Cette solution ne fonctionne que par temps sec, dès qu'elle est humide cela n'a plus aucun effet.

Certains jardiniers utilisent de la terre de diatomée à cet effet. L'efficacité est similaire à celle de la cendre, le coût bien supérieur et les insectes auxiliaires présents au sol seront probablement tués par ce produit. C'est donc une solution qui peut s'avérer globalement contre productive. Il en est de même pour l'application de chaux à des fins limacides.

La création d'une barrière à base de pouzzolane est assez couteuse, et n'empêche pas les loches de sortir du sol. Ces petits cailloux se retrouvent ensuite au sol pour de nombreuses années et peuvent compliquer le travail du sol.

Enfin, la pose d'un ruban cuivré est une technique peu évidente à employer au potager. De plus, elle est onéreuse et longue à mettre en place. Elle est également peu respectueuse de l'environnement, le cuivre étant un élément faisant partie de la famille des métaux lourds. Ce rouleau est également fait de plastique et les matériaux composites ne sont pas recyclables en l'état. Enfin, le cuivre est une matière fossile, cette utilisation tient plus  du gaspillage de ressources naturelles que de la solution miracle.

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